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À quel moment est-ce que nos vies dérapent et perdent de leur sens ?

Vous avez tout réussi. Le pilier financier est solide. L’entreprise tourne. Mais quelque chose s’est éteint en vous.


Le Ciné-Coaching : un film comme outil de transformation

Depuis plusieurs années, j’utilise le cinéma comme outil de coaching. Pas pour analyser des films. Mais pour aider mes clients à se voir autrement, à prendre conscience de leurs mécanismes, à questionner leur scénario de vie.

Si vous découvrez cette approche, je vous invite à lire mes trois articles piliers sur le Ciné-Coaching :

👉 Qu’est-ce que le ciné-coaching ? — Comment un film peut devenir un miroir puissant pour votre développement
👉 L’importance de bien choisir ses films — Tous les films ne se valent pas en coaching : comment sélectionner ceux qui transforment
👉 Comment faire d’un film un outil de développement personnel ? — La méthode pour extraire les leçons d’un film et les appliquer à votre vie


Aujourd’hui, je vous parle de There Will Be Blood (2007), réalisé par Paul Thomas Anderson.

Ce film raconte l’histoire de Daniel Plainview, un chercheur de pétrole incarné magistralement par Daniel Day-Lewis, qui se détruit de l’intérieur autant qu’il bâtit un empire. À chaque choix, il se coupe un peu plus de lui-même. Et des autres.

Quand je regarde ce film, je ne vois pas un monstre. Je vois un homme qui s’est éloigné de lui-même. Qui a fait des choix qu’il pensait pouvoir supporter. Qui a cherché à combler un vide par l’accumulation. Qui a voulu créer du lien, sans savoir comment être vulnérable.

Et je reconnais des dizaines de clients : des dirigeants qui se coupent professionnellement de leurs émotions, des entrepreneurs qui courent sans savoir après quoi, des managers qui ont oublié ce qui les animait au départ.

Dans cet article, je vais vous raconter les 3 étapes du désalignement de Daniel Plainview. À chaque fois, il a le choix. Et à chaque fois, il choisit la fuite. Il compense ses blessures plutôt que de les regarder en face. 

À la fin, vous saurez à quelle étape vous êtes. Et comment réactiver votre boussole pour retrouver de l’élan dans la direction de vos désirs, vos aspirations et vos accomplissements.

La question que je vous pose : savez-vous à quel moment avez-vous commencé à vous perdre ?


ÉTAPE 1 : La transgression de l’interdit qui conditionne la vie de Daniel

La scène : L’adoption de H.W.

Daniel adopte H.W. (joué enfant par Dillon Freasier), un enfant orphelin, après la mort de son père sur un forage. Il le présente comme « mon fils » lors des négociations avec les propriétaires terriens de zones rurales. L’image familiale rassure, humanise, facilite les affaires dans une Amérique pauvre et coupée du monde.

Mais soyez attentif en regardant la scène : Daniel ne regarde presque jamais H.W. dans les yeux. L’enfant est là, à côté de lui, mais il n’existe que comme accessoire, comme un objet.

Daniel a de bonnes intentions. Il veut transmettre, en faire son successeur. Mais il ne voit H.W. que comme une extension de lui-même. Il projette son obsession de réussite, son besoin de contrôle, la réponse qu’il a trouvé pour compenser sa souffrance sur son fils adoptif. Il croit qu’il créera du lien par les moyens qu’il apportera à H.W de réaliser ses aspirations à lui. Sans jamais se demander si c’est ce que H.W. désire.


Ce que je vois chez mes clients :

Beaucoup de dirigeants, d’entrepreneurs, de managers font exactement la même chose. Pas parce qu’ils sont toxiques. Parce qu’ils se sont éloignés d’eux-mêmes et qu’ils n’en ont pas conscience.

Ils ont de bonnes intentions : « Je veux transmettre, je veux que ça marche, je veux que mon équipe réussisse. » Mais ils projettent leurs névroses, leur rythme, leur vision. Ils ne s’autorisent pas à être vulnérables. Ils ne se demandent pas : « Est-ce que c’est ça que je désire vraiment ? ». Encore moins, « est-ce que c’est ce que désirent les autres ? ». Non conscients de cheminer dans une direction qu’ils ne recherchent pas ils ont beaucoup de difficultés à entendre la recherche de sens de membres de leurs équipes.

Et un jour, ils se réveillent et ne se reconnaissent plus.


💥 Ce qu’il faut retenir :

Chaque fois que l’on fait un choix qui ne va pas dans la direction de notre boussole intérieure, on nourrit le désalignement. On s’éloigne de soi. Et ça devient de plus en plus difficile de ressentir ce qu’on désire vraiment.

Exemple : certaines personnes ne donnent jamais leur préférence pour dîner. Elles suivent le groupe. Si vous leur demandez, elles répondent : « Je ne sais pas, tu as envie de quoi, toi ? ». Elles finissent même par avoir du mal à formuler ce qu’elles désirent.


ÉTAPE 2 : Le moment pivot (évoluer ou s’enfermer dans sa souffrance)

La scène : Henry, le faux frère

Daniel a bâti son empire. Il a de l’argent, du pouvoir. Ce premier pilier le sort d’une existence essentiellement consacrée à la survie. Cela lui donne une assise et un momentum pour construire un second pilier, émotionnel, avec les autres. Dans les même temps, H.W. devient sourd après l’explosion d’un puits. Daniel est dépassé. Il ne sait pas gérer ça.

Puis Henry (joué par Kevin J. O’Connor) apparaît. Il prétend être son frère. Et pour une fois, Daniel baisse sa garde. On le voit sourire, partager un verre, parler de leur père. Il a besoin d’aide. Il a besoin de quelqu’un. Daniel a envie qu’Henry soit son frère, l’épaule dans son entreprise et l’assiste dans l’éducation de H.W.

Puis il découvre qu’Henry est un imposteur, intéressé par son argent.

En pleine nuit, il le tue. Il l’enterre dans le désert. Il le tue, à mon sens, moins pour la cupidité ou la trahison que pour la déception. La seule fois où il a désiré et tenté de s’ouvrir à quelqu’un, ce rêve, cet espoir a été déçu.


Ce moment est crucial.

Daniel pourrait choisir de se dire : « Même si Henry n’est pas mon frère, j’ai besoin de quelqu’un. Je vais faire avec. Je vais choisir de me faire un frère, même imparfait. Que ce soit Henry ou une autre personne. «  Il pourrait accepter que la réalité nous échappe, que nous vivons dans l’histoire que nous nous racontons, et qu’on peut consciemment choisir de réécrire cette histoire.

Mais il fait l’inverse. Il préfère valider son scénario de vie : « Je savais bien qu’on ne peut faire confiance à personne. Je serai seul toute ma vie. »

Ne pas remettre en cause son scénario de vie, ne pas le réécrire, c’est faire de nos peurs des prémonitions.

Il écarte H.W. définitivement. Il se referme. La noirceur qu’il voit dans monde et chez les autres, comme la profondeur du pétrole, n’est que le reflet de son vécu et de ses blessures. Pas la réalité. Henry est peut-être intéressé mais c’est peut-être aussi un bon frère et un oncle essentiel pour H.W. Daniel ne le saura jamais.


Ce que je vois chez mes clients :

Beaucoup, guidés par leurs peurs, construisent un pilier professionnel avant de se connaître. Ils assurent leur survie, accumulent, performent.

Et une fois le pilier solide, ils pourraient se poser. Se demander : « Qu’est-ce qui donne du sens à ma vie ? Sur quels autres piliers je peux m’appuyer ? »

Mais ils ne le font pas toujours. Ils continuent à agir, guidés par la peur de manquer ou par leurs névroses. Ils s’enferment dans un masque. Ils repoussent toute vulnérabilité, par peur d’être déçus, trahis, jugés.

Et ils se retrouvent seuls. Même entourés.


💡 Ce qu’il faut retenir :

Pour se réaligner, il faut se recentrer. Ressentir ses émotions profondes. Être vulnérable avec les autres, partager les difficultés et les moments de joie.

Mais Daniel refuse. Il préfère valider son scénario plutôt que de le remettre en question.


ÉTAPE 3 : L’enfermement dans l’illusion

La scène : La confrontation finale avec Eli

Des années plus tard. Daniel vit reclus dans sa villa, ivre, seul. H.W. a émigré au Mexique. Ils ne se parlent plus.

Eli Sunday (joué par Paul Dano), le prédicateur, vient demander de l’aide. Il est ruiné. Et pour une fois, il tombe le masque. Il avoue qu’il est un faux prophète. Il ne joue plus. Il montre l’homme vénal, manipulateur qu’il est.

C’est un miroir brutal : Eli ressemble à Daniel. Tous deux ont menti, instrumentalisé les autres pour combler un vide.

Daniel pourrait se regarder en face. Reconnaître qu’il est vide, qu’il a tout sacrifié pour une accumulation qui n’a plus de sens. Ils pourraient presque vivre un moment de complicité de deux être qui sont passés à côté de leur vie et trouver chez l’autre du réconfort un rempart à la solitude.

Mais il brise le miroir.

Il humilie Eli, le force à renier sa foi, puis le tue à coups de boule de bowling dans la salle de jeu de sa villa.

« I’m finished. »


Ce qui s’est passé :

À force de se désaligner, de ne plus savoir pourquoi il fait les choses, Daniel a creusé l’écart entre l’histoire qu’il se raconte et la réalité. Il s’est coupé de ses sens qui sont autant de capteurs pour percevoir et comprendre ce qu’il vit, ce qu’il est et ce qui l’entoure.

Il vit dans une illusion totale : il croit qu’il a gagné, qu’il a dominé, que les autres sont trop bêtes ou malveillants pour le comprendre. Le problème c’est les autres. Mais il est seul, fou, vide.

Manque d’introspection = scénario de vie non remis en question. En tant que personnage tragique, sa blessure le tue.


Ce que je vois chez mes clients :

Certains arrivent à cette étape. Pas toujours la folie ou la violence, mais l’absence plus couramment. Ils ne ressentent plus rien. Ni joie, ni colère, ni désir. Ils sont dans l’automatisme. Ils gèrent. Ils performent. Mais ils ne vivent plus. À force de ne plus savoir pourquoi ils font les choses, ce qui donne du sens à leur vie, ils ont creusé l’écart entre l’histoire qu’ils se racontent et ce qu’ils ressentent vraiment.

Et quand quelqu’un (un proche, un collaborateur, un coach) leur tend un miroir, ils ont deux choix :

  • Se regarder en face
  • Détruire le miroir

Beaucoup détruisent le miroir. Pas avec la même folie ou violence que Daniel, l’être humain peut-être créatif. Le déni et la violence peuvent prendre de nombreuses formes que l’on voit trop souvent en entreprise et dans la vie.


💡 Ce qu’il faut retenir :

Daniel aurait pu choisir l’introspection. Se regarder en face. Remettre en question son scénario de vie.

Mais il a choisi de détruire le miroir.

Et il a fini seul, vide, fou.

ET VOUS, À QUELLE ÉTAPE ÊTES-VOUS ?

L’apprentissage central :

À chaque étape, Daniel Plainview a eu le choix entre affronter sa blessure (introspection, vulnérabilité, réalignement) ou la fuir (compensation, contrôle, isolement).

À chaque fois, il a choisit de fuir. Et à chaque fois, le prix à payer augmente.

En coaching, l’introspection et le questionnement permanent permettent de :

  • Comprendre ce que notre blessure ne nous définit pas et nous amène à compenser
  • Guérir notre blessure plutôt que de créer des mécanismes de compensation qui, plus on les accomplit, plus ils nous enferment

Les formats de coaching adaptés selon l’étape :

ÉTAPE 1 (le choix fondateur) :
Vous vous êtes éloigné de vous-même, mais vous ne savez pas comment revenir.
Format LIFE pour retrouver votre élan et votre boussole intérieure.

ÉTAPE 2 (le moment pivot) :
Vous avez construit un pilier professionnel solide, mais vous ne savez plus qui vous êtes vraiment.
Format LIFE pour vous recentrer rapidement, ou LIVE si vous avez besoin de plus de temps pour explorer et reconstruire.

ÉTAPE 3 (l’absence, le vide) :
Vous ne ressentez plus rien. Vous êtes dans l’automatisme.
Format LIFE si vous êtes prêt à vous regarder en face, LIVE si le travail sera long et profond, ou FOCUS si la situation est urgente.

👉 Découvrez mes formats de coaching : https://www.laseptiemeorange.com/offre-coaching-individuel-cine-coaching/


Si vous vous reconnaissez dans une de ces étapes, il n’est pas trop tard.

Le coaching, c’est exactement ça : remettre en question le scénario de vie qu’on s’est raconté. Retrouver sa boussole intérieure. Réapprendre à ressentir ce qu’on désire vraiment.

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